Manifeste · Mai 2026

Pour une école en présence augmentée

Quand la salle de classe ne suffit plus : Un essai de 47 pages sur ce que nous achetons avant d’avoir pensé l’usage…

Manifeste comodalité

L'argument

La comodalité est aujourd’hui traitée par nos universités comme une affaire d’équipement. On installe des caméras, des micros, des écrans. Puis on demande aux enseignants d’habiter ces dispositifs. L’ordre est inversé.

Ce manifeste défend une thèse inverse : la comodalité est d’abord un acte pédagogique avant d’être un acte technique. Ce qui s’y joue, ce n’est pas la qualité du flux vidéo. C’est la fabrication d’une présence partagée entre des corps qui ne sont pas au même endroit.

Penser la comodalité comme une politique de la présence, c’est se demander, avant tout achat : qui voit qui ? Qui peut interrompre qui ? Quelle parité d’attention entre la salle et l’écran ? Ces questions ne sont pas dans les bons de commande. Elles devraient pourtant les précéder.

En neuf chapitres, ce manifeste articule un terrain (cinq ans d’observation des dispositifs comodaux en France et en francophonie), une thèse, une critique, et une proposition : un cadre pour décider avant d’équiper.

À qui s’adresse ce manifeste : décideurs publics, enseignants engagés, VP numérique, directions L&D, chercheurs en sciences de l’éducation, responsables de services d’appui à la pédagogie, intégrateurs — et à toute personne qui croit, encore, que la classe est un acte politique.

Les 9 chapitres

Chapitre I

La comodalité n’est pas de la visioconférence

Une salle comodale ne commence pas par le choix d’un logiciel — elle commence par une question sur qui apprend et depuis où.

Chapitre II

L’élève distant ne doit pas devenir un spectateur

La distance pédagogique n’est pas spatiale. Elle se mesure à la qualité du dialogue — et l’institution en est responsable.

Chapitre III

L’enseignant ne doit pas devenir l’opérateur technique

Superposer une régie technique au travail d’enseignement n’est pas inconfortable — c’est structurellement contre-productif.

Chapitre IV

La captation pédagogique commence par la voix
L’image fascine, mais la voix est une nécessité. La première caméra d’une salle comodale est souvent un bon microphone.

Chapitre V

Le replay n’est pas une archive — c’est une ressource
Voir un cours n’est pas apprendre. Un enregistrement ne devient ressource pédagogique que lorsqu’il est conçu comme tel.

Chapitre VI

La comodalité s’exploite, elle ne se livre pas
Un dispositif fragile promet que tout fonctionnera. Un dispositif mature sait comment continuer lorsque ça ne fonctionne pas.

Chapitre VII

Une infrastructure d’équité, pas un gadget de modernité
La comodalité ne devient solution d’équité que lorsqu’elle est pensée avec exigence — pédagogique avant d’être technologique.

Chapitre VIII

L’intelligence artificielle : une assistance gouvernée
L’IA peut aider l’école à mieux organiser ses ressources. Elle ne doit pas transformer la salle comodale en machine à mesurer.

Chapitre IX

Ce que la comodalité ne peut pas (et ce qui l’empêche)
Quatre objections sérieuses — trois sur les limites intrinsèques, une sur les conditions actuelles de mise en œuvre.

Extraits

Une salle comodale ne commence pas par le choix d’un logiciel — elle commence par une question sur qui apprend et depuis où.

Une salle comodale n’est pas une salle qui diffuse. C’est une salle qui maintient une relation.

La distance pédagogique n’est pas d’abord spatiale. Ce qui décide n’est pas le nombre d’écrans, mais la qualité relationnelle du dispositif.

La comodalité n’est pas une modalité technique de l’enseignement à distance. Elle est une politique de la présence.

L'auteur

Stéphane Barbati

Maître de conférences HDR · AMU  —  Co-fondateur · Kalyzée

Maître de conférences HDR à Aix-Marseille Université (section CNU 31), il intervient notamment dans l’UE Projet Personnel et Professionnel de l’Étudiant. Il est co-fondateur de Kalyzée, spin-off d’AMU spécialisée dans les dispositifs de comodalité pour l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.

C’est depuis cette double position — chercheur et acteur industriel de terrain depuis dix ans — qu’il propose ce regard, peu représenté dans le débat public sur la comodalité.

Pourquoi Kalyzée publie ce manifeste

Une conviction d’auteur, pas de fournisseur.

Kalyzée conçoit et déploie des dispositifs de comodalité depuis plus de dix ans dans les universités, écoles et entreprises francophones. Cette expérience industrielle, croisée avec une activité de recherche académique, nous a conduits à constater que la qualité d’un dispositif comodal ne se joue pas dans les fiches techniques. Elle se joue dans la manière dont les organisations en pensent l’usage — ou ne le pensent pas.

Publier ce manifeste, c’est notre manière de rendre publique cette conviction : nous voulons dialoguer avec nos clients et avec le secteur sur le sens pédagogique de ce que nous équipons. Pas seulement sur le prix ou la qualité de l’image.

CC BY-NC-ND 4.0 — Ce texte est en accès libre. Personne ne nous l’a commandé. Personne ne le paie. C’est un essai d’auteur, hébergé par Kalyzée. Partagez-le librement en mentionnant l’auteur — voir la licence.

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Accès libre — 47 pages, format PDF.

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