Quand la salle de classe ne suffit plus : Un essai de 47 pages sur ce que nous achetons avant d’avoir pensé l’usage…

La comodalité est aujourd’hui traitée par nos universités comme une affaire d’équipement. On installe des caméras, des micros, des écrans. Puis on demande aux enseignants d’habiter ces dispositifs. L’ordre est inversé.
Ce manifeste défend une thèse inverse : la comodalité est d’abord un acte pédagogique avant d’être un acte technique. Ce qui s’y joue, ce n’est pas la qualité du flux vidéo. C’est la fabrication d’une présence partagée entre des corps qui ne sont pas au même endroit.
Penser la comodalité comme une politique de la présence, c’est se demander, avant tout achat : qui voit qui ? Qui peut interrompre qui ? Quelle parité d’attention entre la salle et l’écran ? Ces questions ne sont pas dans les bons de commande. Elles devraient pourtant les précéder.
En neuf chapitres, ce manifeste articule un terrain (cinq ans d’observation des dispositifs comodaux en France et en francophonie), une thèse, une critique, et une proposition : un cadre pour décider avant d’équiper.
À qui s’adresse ce manifeste : décideurs publics, enseignants engagés, VP numérique, directions L&D, chercheurs en sciences de l’éducation, responsables de services d’appui à la pédagogie, intégrateurs — et à toute personne qui croit, encore, que la classe est un acte politique.
La comodalité n’est pas de la visioconférence
Une salle comodale ne commence pas par le choix d’un logiciel — elle commence par une question sur qui apprend et depuis où.
L’élève distant ne doit pas devenir un spectateur
L’enseignant ne doit pas devenir l’opérateur technique
Une salle comodale ne commence pas par le choix d’un logiciel — elle commence par une question sur qui apprend et depuis où.
Une salle comodale n’est pas une salle qui diffuse. C’est une salle qui maintient une relation.
La distance pédagogique n’est pas d’abord spatiale. Ce qui décide n’est pas le nombre d’écrans, mais la qualité relationnelle du dispositif.
Stéphane Barbati
Maître de conférences HDR · AMU — Co-fondateur · Kalyzée
Maître de conférences HDR à Aix-Marseille Université (section CNU 31), il intervient notamment dans l’UE Projet Personnel et Professionnel de l’Étudiant. Il est co-fondateur de Kalyzée, spin-off d’AMU spécialisée dans les dispositifs de comodalité pour l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
C’est depuis cette double position — chercheur et acteur industriel de terrain depuis dix ans — qu’il propose ce regard, peu représenté dans le débat public sur la comodalité.
Une conviction d’auteur, pas de fournisseur.
Kalyzée conçoit et déploie des dispositifs de comodalité depuis plus de dix ans dans les universités, écoles et entreprises francophones. Cette expérience industrielle, croisée avec une activité de recherche académique, nous a conduits à constater que la qualité d’un dispositif comodal ne se joue pas dans les fiches techniques. Elle se joue dans la manière dont les organisations en pensent l’usage — ou ne le pensent pas.
Publier ce manifeste, c’est notre manière de rendre publique cette conviction : nous voulons dialoguer avec nos clients et avec le secteur sur le sens pédagogique de ce que nous équipons. Pas seulement sur le prix ou la qualité de l’image.
CC BY-NC-ND 4.0 — Ce texte est en accès libre. Personne ne nous l’a commandé. Personne ne le paie. C’est un essai d’auteur, hébergé par Kalyzée. Partagez-le librement en mentionnant l’auteur — voir la licence.
Continuer la conversation
Téléchargez, citez, partagez — et écrivez-nous.
Réagir, citer, débattre.
Si vous enseignez, décidez, intégrez ou cherchez — et que ce texte a fait écho à votre propre terrain — écrivez à Stéphane Barbati.
Vos données ne sont utilisées que pour répondre à votre message. Aucun démarchage commercial.
Accès libre — 47 pages, format PDF.
Réponse sous 24h — sans engagement.